La Haute Cour du Ghana somme l’ancien président Akufo-Addo de comparaître dans l’affaire Akonta Mining

La Haute Cour du Ghana somme l’ancien président Akufo-Addo de comparaître dans l’affaire Akonta Mining

 

ACCRA – La Haute Cour du Ghana a émis une ordonnance contraignant l’ancien président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo à comparaître dans le cadre du dossier sensible concernant la société Akonta Mining Limited. Cette décision judiciaire d’envergure place l’ancien chef de l’État au cœur des procédures relatives à des activités minières illégales présumées survenues durant son mandat.

Cette convocation fait suite à des actions en justice engagées contre Akonta Mining Ltd, accusée d’avoir opéré illégalement dans des réserves forestières protégées. Selon des documents judiciaires et des sources proches du ministère de la Justice, la Cour a fondé sa décision sur l’examen de requêtes et d’éléments suggérant que l’ancien président aurait pu protéger l’entreprise de sanctions réglementaires. Ces éléments contrediraient les rapports initiaux des organismes de surveillance environnementale ayant constaté des infractions.

Les requérants – une coalition de groupes écologistes, d’activistes de la société civile et de chefs traditionnels – soutiennent qu’Akonta Mining a bénéficié d’une protection politique sous l’administration Akufo-Addo, lui permettant de poursuivre ses activités en violation présumée de la Loi sur les minéraux et l’exploitation minière.

La Cour revient ainsi sur une déclaration publique faite en 2022 par le président Akufo-Addo, alors en fonction, assurant qu’Akonta Mining « ne se livrait à aucune activité illicite ». Cette prise de position, qui contredisait les rapports préliminaires de la Forestry Commission et de la Minerals Commission, avait provoqué une controverse nationale et soulevé des interrogations sur la détermination des autorités à lutter contre l’« orpaillage illégal » (galamsey).

La Haute Cour exige désormais que l’ancien président se présente en personne pour apporter des éclaircissements sur son rôle et sur les décisions prises par son gouvernement concernant cette société. Pour les analystes juridiques, cette démarche incarne une volonté de garantir la responsabilité des plus hautes autorités.

Une source anonyme au sein de la Cour a indiqué : « Il ne s’agit pas d’une chasse aux sorcières à motivation politique, mais de veiller à ce que les actes posés au plus haut niveau, notamment ceux affectant l’environnement et les ressources publiques, soient examinés conformément à la loi. »

Cette convocation a provoqué des réactions contrastées. Les partisans de l’ancien président y voient une manœuvre destinée à entacher son héritage, affirmant qu’il a toujours agi en toute bonne foi sur la base des informations disponibles. À l’inverse, les militants écologistes et l’opposition saluent le courage de la justice, qualifiant ce moment d’historique pour la démocratie ghanéenne et l’État de droit.

L’équipe juridique de l’ancien président n’a pas encore communiqué officiellement, mais des sources internes laissent entendre qu’elle envisagerait de contester l’ordonnance pour des raisons de procédure, en invoquant notamment l’immunité relative des anciens chefs de l’État.

Le scandale Akonta Mining reste l’une des affaires environnementales les plus médiatisées de ces dernières années au Ghana. La société a été maintes fois accusée d’opérer illégalement dans des forêts classées et de polluer des cours d’eau dans les régions Occidentale et Ashanti.

À l’approche de l’audience, l’attention nationale se concentre sur la réponse de l’ancien président et sur les implications que cette affaire pourrait avoir pour la responsabilité politique et la gouvernance environnementale au Ghana.


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